La plupart des articles pour débuter en backpacking ressemblent à ceci :
« 47 essentiels de backpacking dont tu as besoin avant ta prochaine aventure. »
Le problème, c’est que la majorité des échecs en backpacking ne viennent pas d’un gadget obscur oublié à la maison. Ils viennent de systèmes brisés : matériel mouillé, mauvais sommeil, mauvaises chaussures, aucun plan de réparation et aucun plan de contingence.
Après des années de backpacking, de formation militaire, de montagne et d’apprentissages pas toujours élégants, je suis de plus en plus convaincue que le backpacking parle moins d’équipement que de systèmes.
Cet article n’est pas une liste de matériel.
C’est une collection de systèmes qui m’ont régulièrement simplifié la vie en montagne.
Ton système de sommeil compte plus que ta brosse à dents
Commençons avec une affirmation controversée.
Ton matelas de sol est probablement plus important que ta brosse à dents.
Des gens passent des heures à comparer des cuillères en titane et à couper des manches de brosses à dents au nom de la pureté ultralégère.
Puis ils dorment sur un matelas avec la résistance thermique d’une tortilla.
Une mauvaise nuit de sommeil s’accumule vite.
Une nuit froide s’accumule encore plus vite.
Si tu dois investir quelque part, investis dans ton système de sommeil.
Comprendre les R-values
Ton sac de couchage isole seulement les parties de ton corps qui ne compressent pas l’isolant. L’isolation sous toi devient largement inutile dès que tu es couchée dessus.
C’est là que ton matelas entre en jeu.
Ton matelas est ce qui te protège du gigantesque puits de chaleur qu’on appelle le sol.
Une R-value mesure simplement la résistance d’un matériau au transfert de chaleur.
Nombre plus élevé = plus d’isolation.
Nombre plus bas = moins d’isolation.
Une R-value de 1 convient aux conditions où le gel est surtout une rumeur.
Une R-value de 5 convient aux conditions où le gel devient un thème récurrent.
Une R-value de 8 commence à entrer dans le territoire de l’hiver et des objectifs d’alpinisme.
Les chiffres exacts comptent moins que le principe :
R-value plus élevée = moins de chaleur qui s’échappe dans le sol.
Beaucoup de débutants pensent presque uniquement au sac de couchage et beaucoup trop peu au matelas.
Un sac de couchage coté pour le froid avec un matelas inadéquat est une façon étonnamment efficace de passer une nuit misérable.
Plus les conditions deviennent froides, plus ton matelas devient important.
Quilts vs sacs de couchage
La plupart du temps, je préfère nettement les quilts.
Je suis particulièrement fan des quilts Enlightened Equipment. Ils sont plus légers, moins restrictifs, plus faciles à ventiler quand il fait chaud et excellents en superposition pour les objectifs plus froids.
La première fois que je suis passée au quilt, je n’ai jamais vraiment senti le besoin de revenir en arrière.
Cela dit, les sacs de couchage restent pertinents pour beaucoup de gens et pour certains objectifs.
Un des chiffres les plus mal compris dans l’équipement outdoor est la cote de température imprimée sur les sacs de couchage.
Les fabricants publient généralement une cote de confort et une cote limite.
La cote de confort répond :
« Est-ce que je vais dormir confortablement ? »
La cote limite répond plutôt à :
« Est-ce que je vais survivre ? »
Ce sont deux objectifs très différents.
Si un sac de couchage a une cote de confort de -5°C et une cote limite de -12°C, je planifie selon la cote de confort.
Pas parce que j’aime transporter de l’isolation en trop.
Parce que j’aime dormir.
À -40°C, par contre, mon appréciation des quilts spacieux diminue dramatiquement et mon appréciation des sacs momie augmente tout aussi dramatiquement.
Le froid extrême a une capacité remarquable à rendre certains compromis très raisonnables.
La leçon n’est pas que les quilts sont meilleurs.
La leçon, c’est que le contexte compte.
Reste au sec ou souffre
Si je pouvais donner un seul conseil de backpacking, ce serait peut-être celui-ci :
Reste au sec.
Le système du sac à poubelle
Un des meilleurs trucs de backpacking que j’ai appris vient de l’armée.
Tapisse l’intérieur de ton sac à dos avec un sac à poubelle de construction robuste.
C’est tout. C’est cheap, fiable et ça fonctionne.
Mon sac peut être mouillé.
Mon matériel ne peut pas.
Une housse de sac aide.
Une doublure imperméable est mieux.
Le même sac sert aussi pendant les voyages en avion.
Quand je prends l’avion avec un sac à dos, je mets tout le sac dans le sac de construction et je le ferme avec un tie-wrap. Je passe souvent le tie-wrap dans la poignée du dessus pour que les bagagistes aient encore quelque chose d’évident à attraper et que la compagnie aérienne ait encore un endroit pratique où attacher l’étiquette.
Ce n’est pas glamour.
Regarder un convoyeur manger une sangle de compression libre non plus.
Dry bags
Sacs de couchage, vêtements, électronique et tout ce qui est critique devraient avoir leur propre niveau de protection.
La redondance n’est pas excitante.
Se glisser dans un sac de couchage mouillé après dix heures de pluie non plus.
VBL : fancy ou ridicule
Les Vapor Barrier Liners sonnent très techniques. Parfois, ce sont des bas spécialisés. Parfois, ce sont littéralement des sacs à pain.
Les deux peuvent fonctionner.
Si tu gères du froid, du voyage hivernal ou un problème sérieux de transpiration, les VBL peuvent être étonnamment efficaces. La montagne se fiche que ta solution coûte cinquante dollars ou vienne de l’épicerie.
Si le sujet te semble bizarre, tu as raison.
J’ai écrit un article complet sur les sacs à pain, l’hyperhidrose et autres technologies de montagne.
L’ultraléger n’est pas une religion
Le backpacking ultraléger a produit d’excellentes idées.
Il a aussi produit des idées extrêmement discutables.
Ne coupe pas ta brosse à dents en deux.
Commence par enlever ce dont tu n’as pas réellement besoin.
La plus grosse erreur que je vois n’est pas de transporter trop de matériel.
C’est de transporter le mauvais matériel.
Le problème du sac à dos
Une des erreurs les plus fréquentes que je vois, c’est de choisir un sac à dos selon son poids vide au lieu du poids qu’on prévoit réellement transporter.
Les fabricants adorent annoncer des sacs légers.
Ce qui compte beaucoup plus, c’est le poids que le sac peut porter confortablement.
Ce sont deux choses différentes.
Un sac conçu pour une charge de 20 lb peut techniquement survivre à une charge de 40 lb.
Tes épaules, peut-être pas.
La majorité du poids de ton sac devrait être transférée vers tes hanches.
C’est littéralement la raison d’exister des ceintures de hanches.
Tes épaules devraient aider à stabiliser la charge.
Elles ne sont pas censées devenir la structure principale du système.
Si tes épaules hurlent après une heure de randonnée, il y a probablement quelque chose qui cloche.
Peut-être que l’ajustement est mauvais.
Peut-être que le réglage est mauvais.
Peut-être que la distribution de la charge est mauvaise.
Ou peut-être que le sac n’a simplement pas été conçu pour le poids que tu lui demandes de porter.
La solution n’est pas toujours un sac plus lourd.
Mais la solution n’est presque jamais de faire semblant que l’inconfort est normal.
Un bon sac disparaît.
Pas littéralement.
Mais après un moment, tu arrêtes d’y penser.
Un mauvais sac devient la chose la plus intéressante sur la montagne.
Souvent pour les mauvaises raisons.
Si ta collection d’équipement a dépassé le point où ta mémoire est utile, le C&F Expedition Inventory System existe précisément pour ce problème.
Systèmes d’eau
Filtres
J’utilise personnellement un MSR Guardian.
Est-il plus lourd que plusieurs filtres de backpacking ?
Oui.
Est-il plus cher ?
Oui aussi.
Il reste quand même une de mes pièces d’équipement préférées.
Le Guardian filtre les bactéries, protozoaires et virus, ce qui en fait un des systèmes de filtration les plus robustes actuellement disponibles pour le backcountry.
Pendant un voyage dans les Dolomites, il est devenu le seul filtre utilisé par les quatre membres de notre groupe.
À un moment donné, je suis officieusement devenue l’amie responsable de la purification d’eau.
Cela dit, beaucoup de filtres moins chers peuvent absolument faire le travail.
L’important n’est pas d’acheter le filtre le plus cher du marché.
L’important est d’avoir un système de traitement d’eau que tu comprends et auquel tu fais confiance.
Selon mon niveau de confiance en l’utilisant, je suis raisonnablement convaincue qu’il pourrait filtrer au moins une partie du Gange. Cette déclaration n’a pas été révisée par les pairs.
Réservoirs d’hydratation et moisissure
Les électrolytes méritent une mention.
Avant, je recommandais fortement les électrolytes aromatisés. Puis je suis revenue d’un voyage et j’ai découvert de la moisissure dans approximativement chaque recoin caché de mon réservoir d’hydratation.
Cette expérience a légèrement ajusté mes recommandations.
Ces jours-ci, je préfère souvent les options non aromatisées comme LMNT Raw Unflavored.
Ton eau contient encore des électrolytes.
Ton système d’hydratation contient peut-être beaucoup moins de biologie.
Les kits de réparation sont de petites assurances
Tout finit par briser.
Mieux vaut être la personne qui peut réparer.
Mon kit de réparation n’est pas compliqué :
- Leatherman Skeletool
- Paracorde
- Tie-wraps
- Briquet Bic
- Épingles de sûreté
- Duct tape enroulé autour d’un crayon
- Patchs Gear Aid Tenacious Tape
- Kit de couture Zpacks ou aiguille et fil
Le but n’est pas de reconstruire la civilisation.
Le but est de garder les petits problèmes petits.
Tes pieds méritent mieux
Tes pieds sont ton infrastructure de transport.
Traite-les en conséquence.
Kit d’ampoules
Mon système préféré est simple :
- Second Skin
- Bandage autoadhésif qui colle à lui-même au lieu de coller à la peau
Sur des pieds qui transpirent, surtout pendant de longues journées, le bandage autoadhésif est souvent nettement plus efficace que le tape traditionnel.
Les chaussures sont contextuelles
Il n’existe pas de botte de randonnée universellement parfaite.
Il existe seulement une chaussure appropriée à un terrain, une charge et un objectif précis.
La bonne chaussure pour un day pack de 15 lb peut être complètement mauvaise pour une charge d’expédition de 60 lb.
Une botte peut être confortable et quand même mauvaise.
Une botte peut être familière et quand même mauvaise.
Une botte peut être parfaite sur une randonnée de deux heures et quand même mauvaise pour une semaine de backpacking.
Le contexte compte.
Terrain.
Poids du sac.
Kilométrage.
Météo.
Forme du pied.
Historique de blessures.
Tout compte.
Je couvre ça plus en détail dans Toe Bang Is Not a Rite of Passage.
Les médicaments sont légers. La souffrance est lourde.
Quelques articles légers règlent un nombre impressionnant de problèmes.
Mes essentiels sont simples :
- Advil
- Tylenol
- Bandes RockTape précoupées
Aucun ne pèse grand-chose.
Tous m’ont déjà évité de la souffrance inutile à un moment ou un autre.
Je précoupe plusieurs bandes RockTape avant les sorties et je les garde dans ma trousse médicale. Elles ne pèsent presque rien, prennent très peu de place, et elles servent assez souvent au soutien musculosquelettique pour que je ne les laisse plus à la maison.
Comme pour la plupart des choses en backpacking, le but n’est pas d’en porter plus.
C’est de porter les bonnes choses.
Le poids n’est pas mauvais
Certaines personnes traitent le poids comme la seule variable qui compte.
Le poids compte.
La fiabilité compte aussi.
Le confort compte.
Le sommeil compte.
Le matériel sec compte.
Le backpacking n’est pas un concours pour savoir qui peut souffrir le plus efficacement.
Équipement que je ne déteste pas
La majorité de l’équipement est surévalué, trop cher ou légèrement stupide.
Un petit pourcentage mérite un respect permanent.
Si tu cherches des recommandations précises, vois Équipement que je ne déteste pas.
La liste est beaucoup plus courte que la plupart des gens s’imaginent.
La vraie leçon
La majorité des échecs en backpacking ne sont pas des échecs d’équipement.
Ce sont des échecs de systèmes : matériel mouillé, mauvais sommeil, mauvaises chaussures, aucun plan de réparation et aucun plan de contingence.
Bâtis de bons systèmes d’abord.
Achète du matériel fancy ensuite.
La montagne se fiche du prix de ton équipement.
Elle veut savoir si tes systèmes fonctionnent.